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Livres : les meilleures sorties 2019

A intervalles réguliers, je vous présente une sélection tout à fait subjective d’ouvrages attendus, intrigants, étonnants, ou un peu décalés, choisis parmi la vague de titres qui, semaine après semaine, submerge les étagères, physiques ou virtuelles, des librairies.

Chaque année, les maisons d’édition n’hésitent pas à noyer les présentoirs et les rayonnages des points de vente sous plusieurs centaines de nouveaux ouvrages par semaine.

Non, je ne plaisante pas : tous titres confondus, ce sont des centaines de livres qui sortent chaque semaine des presses hexagonales pour venir tenter les pauvres lecteurs désorienté par cette avalanche !

Ce qui n’est pas forcement une bonne chose car – vous ne le savez peut-être pas – l’industrie française du livre s’est lancée depuis de nombreuses années dans une course en avant destructrice : toujours plus de nouveaux livres, pour des ventes qui, au mieux, stagnent.

Résultat : la trésorerie des librairies se noie sous le flot de nouveaux ouvrages, la durée d’exposition des livres sur les rayonnages est de plus en plus courte et le nombre moyen d’exemplaires vendu s ne cesse de chuter.

Gagner sa vie avec le livre est, pour tous les acteurs de la filière – à commencer par les auteurs ! – devenu une gageure…

Mais trêve de confiserie… euh… de plaisanterie, revenons à nos moutons : les nouveautés 2019, présentées mois après mois, dans l’ordre : janvier, février, mars, avril… enfin bref, vous avez compris, on est capable d’aller jusqu’en décembre, si ça se trouve !

Heureusement pour vous, cher lecteur, j’ai fait pour vous mon marché sagace dans le torrent de papiers et tiré dans mes filets de nombreuxromans, essais, pièce de théâtre, BD qui, ma foi, devraient vous repaître. Bon appétit : vous allez voir, il y a de quoi se régaler !

2019 : une année littéraire pour tous les goûts !

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Les livres que les clients ont aimé...

Sérotonine – Michel Houellebecq

A tout seigneur, tout honneur… Le nouveau roman de Michel Houellebecq, programmé pour ouvrir l’année littéraire 2019, en a été aussi le principal événement. Seulement, Flammarion l’a joué total mystère, avec un black out complet sur le septième roman du jeune marié… Rien, pas un homme, même pas une couv’ et pas de pitch : juste un titre, une pagination et un prix. On se la joue un peu trop star, non ? Ah si, une indication : le tirage initial a été fixé à 320 000 exemplaires ! Waouh… Avec le recul, on sait à quoi s’en tenir : le peuple s’est jeté sur l’ouvrage avec une voracité inouïe, Flammarion a été obligé de retirer au bout de quinze jours. Résultat : Houellebecq n’est pas près de mourir de faim ! Et le contenu ? Étonnant : c’est du Houellebecq !

L’enfant perdue (L’amie prodigieuse IV) – Elena Ferrante

Quatrième et dernier volume de la prodigieuse saga de l’amie du même qualificatif, L’enfant perdue sort enfin en format poche. Pour ceux qui, comme moi, se sont laissé séduire par ce récit vraiment unique, pas question d’attendre plus de quelques semaines pour enfin connaître le fin mot de cette histoire d’amitié au travers le temps. Pour découvrir mes critiques des trois premiers tomes, il faut commencer par là :

Le pitch : «Comme toujours, Lila s’attribuait le devoir de me planter une aiguille dans le cœur, non pour qu’il s’arrête mais pour qu’il batte plus fort.» Elena, devenue auteure reconnue, vit au gré de ses escapades avec son amant entre Milan, Florence et Naples. Parce qu’elle s’est éloignée du quartier populaire où elle a grandi, Elena redoute les retrouvailles avec son amie d’enfance. Mais depuis quelque temps, Lila insiste pour la voir et lui parler…

La saga se conclut en apothéose après avoir embrassé soixante ans d’histoire des deux femmes et de l’Italie, des années 1950 à nos jours. L’enfant perdue est le dernier tome de la saga d’Elena Ferrante. Il succède à L’amie prodigieuse, Le nouveau nom et Celle qui fuit et celle qui reste.

Clair obscur – Don Carpenter

Don Carpenter conquiert peu à peu la France, plus de vingt ans après son suicide… Ce n’est pas le moindre des paradoxes dans la vie de cet auteur américain qui a beaucoup travaillé pour le cinéma hollywoodien et dont chaque livre, publié sur le tard dans notre bonne vieille France, confirme le talent. Pour les amateurs potentiels (allez-y, je vous en prie !), allez jeter un coup d’œil d’abord sur cette critique :

Le pitch : Lorsque Irwin Semple sort de l’asile psychiatrique de Cannon après dix-huit ans d’internement, il a trente-cinq ans, doit refaire – ou plutôt commencer – sa vie, la tête pleine de souvenirs adolescents encore à vif. À force de persévérance, il parvient vaille que vaille à se réinsérer, jusqu’au jour où il croise Harold Hunt, ancien leader d’un clan qu’il rêvait d’intégrer au lycée.

Irrémédiablement associée au tragique événement qui a conduit à son internement, la vision de Harold déclenche un nouveau choc chez Semple. Partagé entre son éternel besoin de reconnaissance et un certain désir de vengeance, va-t-il parvenir à passer outre et aller de l’avant ?

Edmond – Alexis Michalik

Edmond, vous l’avez deviné, c’est Edmond Rostand, l’auteur – entre autres – de Cyrano de Bergerac, l’acmé du théâtre français du dernier siècle. Tiens, au passage, allez-voir par ici mon avis sur Cyrano :

Alexis Michalik s’est emparé de la vie de Rostand et en a fait, non pas un bio pic, mais une bio comédie, une pièce qui a remporté depuis plusieurs années maintenant un succès phénoménal, enchainant les centaines de représentations sans désemparer…

Une oeuvre que j’ai eu la chance de voir jouer sur scène l’année dernière, une pièce ma foi fort bien troussée, drôle, émouvante, une déclaration d’amour au grand dramaturge.

En voici dans une nouvelle édition de poche (publiée à l’occasion de la sortie sur les écrans de son adaptation en film).

A lire, c’est facile et plein d’esprit !

Le pitch :

Edmond : Tragédie. (Regard noir de Coquelin). Comédie.
Coquelin : Mon rôle ?
Edmond : Un… poète. Fin bretteur. Avec… un grand… nez.
Coquelin : Un grand… nez ?
Edmond : Énorme. Une protubérance.

L’échec de La Princesse lointaine a laissé Edmond ruiné et endetté. Il tente alors de convaincre le grand acteur Coquelin de jouer dans sa prochaine pièce, une comédie héroïque, en vers, dont il n’a pour l’instant pas écrit une seule ligne. Mais il a le titre : Cyrano de Bergerac.

Après Le Porteur d’histoire et Le Cercle des illusionnistes, couronnés par deux Molières, Alexis Michalik s’attaque, avec un humour et une imagination jubilatoires, à un monument du théâtre français, et nous plonge au cœur de la création du chef-d’œuvre d’Edmond Rostand.

La bibliothèque enchantée – Mohammad Rabie

Actes Sud a le chic pour dénicher les textes étrangers de qualité, toujours publié avec beaucoup d’élégance.

Avec un titre et un pitch pareils, le roman de Mohammad Rabie, un jeune auteur égyptien, très prometteur, ne peut qu’intriguer et séduire un grand lecteur…

Le pitch : Chaher, jeune fonctionnaire du ministère des « Biens de mainmorte », se voit confier une mission inhabituelle : rédiger pour la forme un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l’Etat veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Il se décide pourtant à mener sérieusement son enquête et, peu à peu, tout un monde mystérieux et labyrinthique s’ouvre à lui dans cette bâtisse délabrée et poussiéreuse où les ouvrages sont entassés sans cotation ni indexation et où l’on trouve des traductions dans toutes les langues imaginables.

Fasciné par l’étrange bibliothèque, il ne l’est pas moins par la poignée d’originaux qui la fréquentent, comme Mi, célèbre traducteur ayant perdu toute foi en son métier, ou « Jean le copiste », homme mutique ayant passé sa vie à photographier des livres page après page et, surtout, Sayyid, vieil intellectuel nihiliste, cynique et truculent, qui connaît la bibliothèque comme sa poche mais n’est pas prompt à divulguer ses secrets.

Dans ce roman surprenant, Mohammad Rabie tisse d’une main de maître une double trame narrative.

Peut-on réussir sans effort ni aucun talent ? – Gilles Versvish

Avec un titre aussi décapant, l’œil est immédiatement attiré… surtout que l’iconographie wharholienne à la gloire de du non conformisme d’Einstein souligne à merveille l’accroche !

Un coup d’oeil sur le pitch devrait, comme cela a été le cas pour moi, finir de vous convaincre : cet essai mérite, au moins, un minimum d’attention. On jugera sur le fond.

Le pitch : Un ouvrage décapant qui démonte avec intelligence et humour les mirages du mérite, gage de la réussite.

Le geek suprême, Steve Jobs l’a écrit : » Je suis convaincu que la moitié qui sépare les entrepreneurs qui réussissent de ceux qui échouent est purement la persévérance. » Une manière de dire que la réussite serait une question de volonté : quand on veut, on peut ! Les gens qui réussissent le doivent à leur travail et à leurs efforts, et les gens qui échouent considérés comme des ratés, n’auraient tout simplement aucune volonté. Dans la vie, tout ne serait donc qu’une affaire de mérite personnel.

Dans ce texte vivifiant, Gilles Vervisch décortique la croyance dans le mérite omniprésente à notre époque. Certes, elle peut s’avérer être un moteur pour entreprendre. La » méritocratie » assurant une égalité des chances pour permettre aux plus méritants de s’en sortir semble tout à fait juste.

Mais cette croyance dans le mérite n’est-elle pas aussi illusoire que dangereuse ? Qu’est-ce que réussir sa vie ? Une vie réussie est-elle forcément celle d’un startuppeur ? Est-il bien vrai que la vie ne nous offre que ce que nous méritons ?

Une histoire des loups – Emily Fridlund

La sortie en format poche d’un roman américain identifié par l’excelllllent éditeur Gallmeister, spécialiste des vraies découvertes d’outre-atlantique, de vraies découvertes non formatées.

Le pitch est appétissant (oui, je sais, un livre n’est pas un gâteau, mais bon…) et les échos plutôt favorables, alors pourquoi se priver…

Le pitch : Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne.

Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Trouble – Jeroen Olyslaegers

La couverture est belle, l’auteur a un nom imprononçable, le pitch est intriguant…

Que demander de plus ? Mon flair de grand lecteur me dit qu’il faut aller mettre son nez entre les pages de ce roman…

Je sais, c’est peu pour prendre une décision, mais c’est bien cela l’enjeu et le plaisir du chasse à la bonne surprise littéraire, non ? S’il suffisait de choisir le dernier Houellebecq, mon intervention serait franchement superfétatoire…

Le pitch : Anvers, 1940. Wilfried Wils, 22 ans, a l’âme d’un poète et l’uniforme d’un policier. Tandis qu’Anvers résonne sous les bottes de l’occupant, il fréquente aussi bien Lode, farouche résistant et frère de la belle Yvette, que Barbiche Teigneuse, collaborateur de la première heure. Incapable de choisir un camp, il traverse la guerre mû par une seule ambition : survivre. Soixante ans plus tard, il devra en payer le prix.

Récompensé par le plus prestigieux prix littéraire belge, Trouble interroge la frontière entre le bien et le mal et fait surgir un temps passé qui nous renvoie étrangement à notre présent.

Le sport des rois – C.C. Morgan

Un pavé américain chez Gallimard, par une jeune auteure inconnue, finaliste du prix Pulitzer, ce n’est pas tous les jours qu’on en voit passer…

Quant, en plus, le pitch vous fait de l’œil, il serait dommage de résister !

Le pitch : Riche propriétaire terrien du Kentucky, Henry Forge dédie sa vie à la recherche de la combinaison génétique idéale pour créer le cheval parfait, une machine de course imbattable et grandiose. Digne héritier d’une famille autoritaire habituée depuis des décennies à posséder, commander, dominer, il fait tout plier à sa volonté, la génétique comme sa fille unique, Henrietta, à qui il transmet son obsession.

Dans une ville voisine, Allmon Shaughnessy, un jeune homme noir élevé dans les quartiers pauvres par une mère souffrante, grandit dans un monde de discriminations et d’injustices où les violences policières sont légion. Déterminé à changer le cours de son destin et à conquérir la fortune qu’il mérite, Allmon arrive chez les Forge : garçon d’écurie au talent rare et à l’ambition dévorante, il va mener à la victoire une pouliche de légende, Hellsmouth, bouleverser l’équilibre malsain de la famille et découvrir l’envers du rêve américain.

Ouvre monde, Le sport des rois nous emporte dans son impétueux courant, profond et violent comme le fleuve Ohio. C. E. Morgan nous offre une plongée vertigineuse dans les abysses de l’esclavage et de son héritage, entremêle avec brio les époques et les lieux et livre, par la force unique de son souffle, une exceptionnelle épopée américaine sur plus de trois générations.

Le nouveau – Tracy Chevalier

Tracy Chevalier, vous connaissez. Forcement. La jeune fille à la perle. Mais pas que. Prodigieuses créatures. Le récital des anges. D’autres romans subtils, délicats. Et d’autres – les derniers publiés – moins convaincants.

Sur un sujet éminemment casse-gueule, elle compose un roman court, gonflé. Qui mérite, si ce n’est le respect, au moins l’attention.

Le pitch : Washington D.C., dans les années 1970. En six ans, c’est la quatrième fois qu’Osei, fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école. Tout heureux de rencontrer Dee, la fille la plus populaire de sa classe, il ne s’inquiète pas des manigances et de la jalousie de ceux qui voient d’un mauvais œil l’amitié entre un garçon noir et une jolie blonde.

Sémillante réécriture d’Othello dans une cour d’école de banlieue aux États-Unis, ce neuvième roman de l’auteure de La jeune fille à la perle dit à hauteur d’enfant la tragédie universelle du racisme et du harcèlement. Vertigineux et actuel.

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